Anthologie de Charles Melman

Charles Melman : La paranoïa féminine

La question de la paranoïa féminine que m'a proposé de vous traiter Martine Gros m'a obligé à me demander si sur cette question j'aurais des choses un peu amusantes ou nouvelles à vous raconter. J'ai donc dû faire ce qu'on l'on appelle une réflexion et ma réponse est oui, grâce à Martine Gros, à sa question.
Une première remarque pour rappeler ce qu'il en est de la paranoïa d'abord, avant de spécifier. Il m'est arrivé, je l'ai déjà raconté, parce que ça fait partie de la psychiatrie amusante, de discuter publiquement avec Henri Ey de sa thèse selon laquelle la folie, c'est la maladie de la raison. Henri Ey était un homme très fin, intelligent, connaissant admirablement la psychiatrie, mais je dois dire qu'une telle assertion ce n'est vraiment pas fort. Ce n'est vraiment pas fort d'abord parce que la raison vous seriez en peine de la définir. Ça ne se définit pas comme ça. Et puis ensuite parce que la psychose c'est le triomphe de la raison. C'est irréfutable. Vous ne pouvez pas réfuter quoi que ce soit chez quelqu'un qui est pris dans la psychose et qui est donc du même coup dans la certitude, par elle-même pathologique, de ce qu'il est amené à formuler. Et pas seulement de ce qui se formule à lui et dont il a évidemment une expérience immédiate, qui ne prête à aucune mise en doute, à aucune discussion, mais enfin sa façon même d'enchaîner ce qu’il en est de l'ordre causal est irréfutable. Le psychotique connaît la cause.

Charles Melman : La paranoïa féminine

Charles Melman : Théories se rapportant à la psychopathologie - 2

vignette cours magistral Ch MelmanNous allons essayer de nous réchauffer avec un sujet parfaitement excitant. On va voir si, effectivement, il vous met de bonne humeur.
Il s’agit donc aujourd’hui de conclure la mise en place des instances déterminantes de la psychose. Et je commencerai par vous rappeler ceci qu’on a déjà dû vous seriner, c’est que nous avons la spécificité dans l’espèce animale de naître sans aucun savoir inné. Vous avez tous eu le bonheur d’observer la naissance d’un bébé poulain. Je vois dans votre regard que oui : vous avez tous assisté à cette naissance. Et en tout cas, vous avez pu vérifier qu’une fois dehors, il se mettait joyeusement sur ses pattes, fragiles, trouvait très vite le pis de sa maman et puis se mettait à gambader. Voilà, il avait tout ce qui faut pour fonctionner. Ce qu’il ne manque pas d’ailleurs de faire.

Charles Melman : Théories se rapportant à la psychopathologie - 2

Charles Melman : Théories se rapportant à la psychopathologie - 1

Alors, comme vous le savez, vous avez beaucoup de chance puisque nous allons ensemble entrer dans la mise en place de la psychiatrie, qui s’avère non seulement souhaitée par tous ceux qui fréquentent les hôpitaux psychiatriques et qui connaissent son état actuel, mais également par tous ceux qui, formés à l’enseignement de Lacan, prennent la mesure de ce qu’il y a à faire pour que cette psychiatrie existe. Et comme vous le verrez, elle a des conséquences, ne serait-ce d’ailleurs que la première qui est le plaisir que l’on peut prendre à la mettre en place.

Charles Melman : Théories se rapportant à la psychopathologie - 1

Charles Melman : Remarques sur les conséquences psychiques des nouveaux moyens de communication

Bonsoir. Alors nous avons donc la possibilité de parler ensemble. C’est lié, cette possibilité, à une circonstance qui ne semble pas du tout précisée, appréciée et nommée comme telle, qui n’est même pas ladite possibilité enseignée, et qui tient au fait que nous partageons dans l’usage de la parole le respect d’une même limite entre ce qui peut se dire et sur ce qu’il y a à taire. Nous partageons donc tous ici le bénéfice – si cela en est un – de cette dimension qui fait que nous pouvons essayer, je ne vais pas dire du tout de nous entendre, mais en tout cas de le tenter.

Charles Melman : Remarques sur les conséquences psychiques des nouveaux moyens de communication

Charles Melman : Scène transférentielle du traumatisme

Du traumatisme nous avons l'algorithme : $.
C'est la barre qui l'inscrit, faisant du sujet un sujet barré, parlé donc maintenant par le sexe.
Le sexuel noue ainsi le sacré – la barre signe la visite du dieu – à la vérité, la faille qu'elle ouvre dans l'Autre et où palpite le désir.
Cette barre peut être identifiée et nommée : phallus.

Charles Melman : Scène transférentielle du traumatisme

Charles Melman : Le désir de l'analyste

Comme c'est une rencontre qui marque la fin de l'année, je vais faire un effort particulier et essayer de nous faire aller à cette conclusion qui concerne le désir de l'analyste et l'opportunité que nous avons, plus que jamais, d'essayer de nous situer à l'égard de cette formulation de Lacan et à l'égard de ce qui est éminemment actif dans la cure.
Je vous faisais remarquer la dernière fois l'antipathie que suscitait Lacan dès lors que sa parole n'était pas organisée par une souffrance ou par une défense contre la castration, et que cette antipathie était en quelque sorte de structure. Comment se mettre en phase avec celui qui ne fait pas valoir sa parole à partir de ce qui nous rend humains?

Charles Melman : Le désir de l'analyste

Charles Melman : Conclusion de la journée sur le burn-out

Je voudrais d’abord dire le plaisir que j’ai pris à écouter les communications qu’ont bien voulu nous faire aussi bien M. Thomas Périlleux, Mmes Pascale Moins et Pascale Bellot-Fourcade, ainsi que Jean-Pierre Lebrun. Ainsi que ces interventions si justes et pas moins prenantes faites par nos collègues autour de cette table ronde. Ce que je retiens personnellement, c’est d’abord évidemment la difficulté d’aborder le burn-out dans la mesure où c’est une affection aussi symptomatique dont la clinique est à la fois violente, directe et courbe, et en même temps vivante bien sûr.

Charles Melman : Conclusion de la journée sur le burn-out

Charles Melman : Introduction à la psychiatrie lacanienne -3

Cours magistral Charles Melman Je vous fais donc cette remarque banale – mais qui n’est peut-être pas assez soulignée – pour faire valoir la relation très spéciale que nous avons avec la parole, pour revenir sur cette distinction essentielle et en générale écartée, qui est la distinction entre savoir, savoir parler, et puis connaissance, puisque vous savez parler sans pour autant avoir acquis la moindre connaissance. Plus tard, on vous fera entrer dans la filière où il s’agira de domestiquer la façon que vous avez de parler, de régulariser la parole, de la rendre commune et supposée savante. Le savoir et connaissance vous ne savez pas d’où il vient, comment il s’est produit. Ici par exemple on vous enseigne des connaissances, et qui éventuellement rencontrent harmonieusement ou dysharmonieusement le savoir spontané que vous pouvez avoir de telle ou telle situation, ce que vous comprenez intuitivement et parfois contre les connaissances.

Charles Melman : Introduction à la psychiatrie lacanienne -3

Introduction à une psychiatrie lacanienne -4

Conférence Charles MelmanCe que j’ai à vous raconter ce soir est très amusant mais assez difficile à exposer. Ce que je vous propose donc, c’est que si vous avez quelques difficultés en cours de route, eh bien vous vous signalez, puis je m’arrêterai et j’essayerai d’expliquer ce qui fait problème. Car comme vous le verrez, il y en a quelques-uns, qui ne sont pas tout à fait inintéressants, puisque nous allons essayer ce soir de voir de quelle façon on se névrose ou on se psychose. Voyez, ça peut avoir quelque intérêt.

Je commencerai par un souvenir ancien, très ancien, puisqu’il concerne ce qui se passait dans les villages de la Grèce, il y a quelques temps de cela, où la vie des habitants était rythmée par le passage des aèdes qui venaient raconter - quoi ? Ils venaient raconter les voyages d’Ulysse.

Introduction à une psychiatrie lacanienne -4

Charles Melman : Introduction à une psychiatrie lacanienne -2

Vignette Charles MelmanAlors, ce soir nous allons nous livrer à un exercice pratique, ça va nous changer un peu, il ne faut quand même ne pas se contenter d’écouter sagement ou pas sagement mais il faut aussi faire un peu et c’est ce qui va nous arriver, avec votre aide.

En effet, nous allons découvrir de quelle façon ce que nous savons, et qui cependant peut être essentiel, est méconnu ou inconnu de nous-mêmes. Nous le savons et cependant nous ne le connaissons pas. Ça c’est aussi étrange que fondamental qu’il y a en chacun de nous un savoir, un savoir essentiel puisque c’est celui qui le fait agir, et que cependant ce savoir échappe à sa connaissance. Et donc nous allons voir ensemble de quelle manière une part de ce savoir est susceptible d’entrer pour nous ce soir, exceptionnellement, dans le registre de la connaissance et vous pourrez constater que, effectivement, ce que je vais vous dire vous le saviez parfaitement et que cependant, jusqu’à cet instant même vous l’ignorez.

Charles Melman : Introduction à une psychiatrie lacanienne -2

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