Histoire

Thierry Florentin : Histoire du secteur psychiatrique

Le devoir d’assistance et de soins de l’Etat aux plus démunis et aux moins autonomes d’entre nous sur le plan psychique, que sont les psychotiques, a pris le nom, au cours du siècle dernier, de secteur psychiatrique.
Sa mise en place progressive durant ces soixante dernières années est une histoire dont les enjeux restent encore méconnus, au point que son utilité est régulièrement décriée et mis en cause, au bénéfice de ce que pourrait être une santémentalisation préventive - excusez le néologisme - une pratique citoyenne du bien-être psychique, dont on ne cerne pas très bien les soubassements, les articulations théoriques et cliniques.
Loin d’être une suite contraignante de décrets, de lois et de rapports, la mise en place du secteur repose sur une poignée de psychiatres novateurs, créatifs, imaginatifs, militants - beaucoup sont au parti communiste, mais pas tous - et dont les noms vont souvent revenir au cours de mon exposé, Daumézon, Bonnafé, Le Guillant, pour citer les principaux, ceux de la première génération, mais il y en a d’autres, Tosquelles, Paumelle, etc…, dont on s’imagine de façon un peu faussée que leur vision a pris appui sur leur révolte morale, en 1945, face aux famines qui ont conduit à la mort de la moitié des malades mentaux hospitalisés, ce qu’on a appelé sous le terme d’extermination douce. Lisez par exemple l’ouvrage d’Isabelle von Bueltzingsloewen, La famine des hôpitaux psychiatriques sous l’occupation, paru chez Aubier en 2007.

Dr Pedro Valente : Histoire de l'expertise psychiatrique

Je ne suis pas historien mais psychiatre, je vais vous parler en « amateur » de l’histoire de cette discipline qui m’intéresse beaucoup mais pas tout à fait en professionnel.
J’ai fait le choix de vous en parler, non pas du point de vue des psychiatres justement mais plus du point de vue de l’articulation entre psychiatres et juristes, de la frontière parfois conflictuelle entre naissance d’une certaine clinique aliéniste et psychiatrique et la philosophie du droit.
Pour cela il faut en revenir aux bases et la base, et je crois que vous le savez, l’article 64 du code pénal de 1810 que je vous cite malgré tout : Il n’y a ni crime ni délit lorsque le prévenu était en état de démence au moment de l’action ou lorsqu’il a été contraint par une force à laquelle il n’a pu résister.

N.Bon : L'hypnose ? L'École de Nancy

Je suis Norbert Bon, je viens de Nancy pour vous parler de Freud et de l’Ecole de Nancy autour des questions d’hystérie et de suggestion.
Je vous ramène au début des années 1880. Freud dans ces années-là - il va avoir sa thèse en 81, il n’est pas encore médecin - travaille même s’il n’en avait pas vraiment l’intention, il était plutôt chercheur. Il va se décider à devenir médecin praticien pour des raisons financières, il faut vivre, vous trouvez cela souvent chez Freud. Dans les lieux de stage où il se spécialise, dans l’étude des maladies nerveuses, après avoir quitté le laboratoire du professeur Brücke où il faisait des études de neurologie, la découverte sur les testicules d’anguille que tout le monde cherchait partout… On oublie cela, ainsi que la découverte des neurones et des synapses. Comme tous les médecins de cette époque, les troubles nerveux il les traite essentiellement par l’électrothérapie, à quoi on adjoignait des bains, des massages. Il va commencer à trouver ces méthodes limitées et d’une efficacité discutable, il va se tourner vers Charcot qui utilise la méthode hypnotique à la Salpêtrière, à Paris.

J.Garrabé : Éléments d’histoire de la clinique des psychoses

Je voudrais au cours des six conférences que je dois faire ici montrer en quoi l’étude de l’histoire de ce phénomène spécifiquement qu’est la folie – j’emploie pour le moment ce terme en attendant de lui substituer d’autres termes à certains moments du parcours dans le temps auquel je vous invite – constitue une introduction privilégiée à la connaissance de la psychopathologie et pour moi d’ailleurs, la seule adéquate.

J-J.Tyszler : Éléments d’histoire de la psychanalyse

Il y a bien entendu, alors là ça mériterait un temps, il faut à tout prix quand même que vous lisiez, ça, c’est très bien raconté par les historiens, il faut que vous lisiez la rencontre de Freud avec Charcot à la Salpêtrière, il faut bien vous représenter ce que c’est pour ce neurologue viennois d’arriver à Paris à la Salpêtrière et donc de distinguer, là si vous voulez à juste titre, la rencontre avec le Maître Charcot, et, l’hystérie. Ce qui va s’en déduire pour Freud c’est la rencontre avec l’hystérie, ce dont nous avons parlé collectivement aux dernières Journées de l’Association. Vous trouverez ça tout à fait bien raconté par les historiens. Il faut vous représenter que cela a été une rencontre très importante pour Freud, surtout que Freud revient ensuite à Vienne et va payer, si je puis dire, de sa vie, dans sa vie, cette rencontre avec l’hystérie et Charcot à la Salpêtrière.

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