Édito de Charles Melman : Questions de climat

On s'inquiète à juste titre pour le climat puisque notre agitation pour dévorer les biens de la planète provoque une élévation de la température. Ce qui indiffère le gouvernement américain, réjouit Mr Poutine satisfait que des millions d'hectares de son pays soient rendus propres à l'agriculture, laisse froids les chinois pour qui la pollution se traite par un masque sur le nez. On vérifie avec une certaine inquiétude qu'il n'y a pas de pilote dans l'avion. Mais un autre climat retient l'attention. Celui du débat d'idées, frappé en cette période de libéralisme économique qui surchauffe la planète, par une remarquable congélation. L'intolérance et l'exclusion sont en effet devenus la règle, et les échanges des pugilats. Les mœurs sont maintenant décidées par l'opinion et celle-ci dûment briefée par des lobbies. Il est ainsi permis à ceux-ci de retourner des engagements religieux ou humanistes traditionnels au profit d'une précipitation dans les délices offerts par l'exploitation des progrès technologiques. Et c'est ainsi que le chaud provoque le froid, l'effroi aussi parfois, de voir s'installer en prime une dictature idéologique auprès de laquelle la chinoise paraîtra tempérée parce que elle, au moins, a un leadership susceptible d'intervenir, on ne sait jamais.