Les grandes conférences de l'EPhEP

Grande Conférence EPhEP de Charles Melman : Le corps sur le divan. Les pathologies minées par l'inconscient

Affiche conférence de Charles Melman 2019

 

Voilà bien un problème laissé en suspens : celui des rapports de l’esprit et du corps.

Sans doute parce que c’est la morale, stoïcienne, qui régit voire crée ces instances, les nomme et les sépare irréductiblement, et fait de nous les enfants perplexes de ce divorce. Peut-on cesser d’être un enfant ?

L’esquisse d’une psychologie scientifique de Freud nous servira de départ.

Charles Melman : L'inconscient est le politique - 3

L’autorité

Charles Melman – Nous allons donc, comme d’habitude, déranger quelques idées reçues, ce qui après tout est une activité qui peut avoir quelque intérêt. Et je commencerai par vous rappeler que nous sommes tous, ici, dans cette salle, que nous sommes tous des praticiens de l’autorité, que ce soit l’autorité que nous avons subie ou bien l’autorité que nécessairement nous exerçons sur tel ou tel de notre entourage. Nous n’avons plus le choix.
Vous remarquerez que j’ai dit « l’autorité que nous avons subie ». J’aurais pu dire « l’autorité que nous avons eu le bonheur de rencontrer », mais vous reconnaîtrez que c’est une formulation qui paraîtrait sans doute excessive. Il faut se demander évidemment pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’a priori l’autorité est vécue dans ce registre de ce qui est subi ?

Charles Melman et Dominique Reynié : L'inconscient est le politique -2 (transcription)

Charles Melman – C’est pour nous un privilège de pouvoir écouter ce soir le professeur Reynié qui, entre autres activités, enseigne à l’Ecole des Sciences Politiques, dirige la Fondation pour l’Innovation Politique, qui vient de publier un ouvrage dont le titre semble bien concerner notre actualité, puisqu’il s’appelle Les nouveaux populismes. Et nous avons ainsi, grâce lui, l’occasion d’entendre et de participer aux élaborations les plus récentes, les plus techniques et les plus pertinentes sur la situation politique et les problèmes de la vie politique de façon plus générale.
Je le remercie donc à d’avance de bien vouloir être avec nous ce soir. À vous, si vous le voulez bien.

Grande conférence EPhEP d'Anne Joos : "PMA nous laisse-t-elle sans voix"

Anne Videau : Bonsoir, merci beaucoup de votre présence.
Le Comité Consultatif National d’Ethique (CCME) est présidé depuis janvier 2017 par le Professeur Jean-François Delfraissy, médecin spécialiste en immunologie.
Il ouvre de la manière suivante l’avis qu’il rend le 15 juin dernier concernant la question que nous allons travailler ce soir : « L’Assistance Médicale à la Procréation, AMP, recouvre un ensemble de techniques conçues par le corps médical, puis organisées par le législateur pour répondre à des infertilités qui révèlent des dysfonctionnements de l’organisme. Les demandes sociétales d’accès à l’AMP reposent sur la possibilité d’utilisation de ces techniques à d’autres fins que celles du traitement de l’infertilité liée à une pathologie ».

Grandes conférences de l'EPhEP : L'inconscient est le politique

Pas de politique sans ordre moral, c’est-à-dire de prescription publique de ce qu’il y a à refouler. Et comme nous le constatons l’ordonnance peut vite changer selon les docteurs au pouvoir. Mais aussi bien, pas d’ordre politique qu’il soit despotique, aristocratique, démocratique sans que le choix moral, c’est-à-dire de la jouissance élue, ne le mette aux commandes. Il faudra l’écriture des discours par Lacan pour mesurer comment notre habitation par le langage nous fait les amants du maître que, à son insu, toute parole institue. Et, au vu des récents bouleversements de la rhétorique gagnante des élections, s’interroger sur le risque létal de la jouissance qu’elle implique.

Charles Melman

L'éthique de la psychanalyse selon Freud et après Lacan : Quelle est la loi d'Antigone ?

Patrick Guyomard : Nous vous remercions d’être là pour cette nouvelle séance de ce séminaire que nous faisons en commun, pour nous entendre et puis aussi peut-être discuter un peu. Le titre du séminaire de ce soir c’est : « la loi d’Antigone. » Voilà toujours Antigone, toujours là.
Il y a tout un imaginaire à propos d’Antigone, je vous en donnerai un ou deux exemples tout à l’heure, une espèce de fausse familiarité, qui, sous prétexte que Antigone invoque un certain nombre de lois - enfin « de lois non écrites » - qui bien sûr peuvent s’entendre comme des lois divines mais qui pour les psychanalystes, quand on évoque ce qui n’est pas écrit évidemment peut résonner différemment.
Cette présence et cette invocation d’Antigone, ne doit pas, en tout cas au début, faire oublier, qu’après tout, Antigone peut être considérée comme hors la loi, que comme sans loi, après tout pourquoi pas, que comme faisant elle-même sa propre loi, qui est encore une autre façon de l’entendre. Je dis ça au départ pour que vous ne soyez pas trop pris dans l’évidence de quelque chose de bien connu.

"L'éthique de la psychanalyse selon Freud et après Lacan" - Quelle est la loi d'Antigone ?

EPhEP, Grande conférence, le 30/03/2017

"L'éthique de la psychanalyse" : exposé et discussion avec Patrick Guyomard et Charles Melman

L'éthique de la psychanalyse selon Freud et après Lacan : Le désir de l'analyste

Le thème que nous avions choisi pour cette troisième soirée de ce séminaire sur l’éthique de la psychanalyse, c’est le thème du désir de l’analyste. Il y a plusieurs façons de traiter ce thème. Et en venant ici, je me demandais par quel biais j’allais l’aborder. Finalement, je vais le faire de la façon suivante : au fond, l’expression « désir de l’analyste », est un signifiant de Lacan incontestablement, je dirais presque un signifiant maître de Lacan, à tel point qu’on pourrait l’écrire désir-de-l’analyste, et le prononcer en un seul mot. Il désigne effectivement une fonction que Lacan a fondée et que nous utilisons les uns et les autres, moi le premier, un peu comme une évidence et donc comme une espèce de mot valise, comme quelque chose qui irait de soi.

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