Les grandes conférences de l'EPhEP

Charles Melman : L'inconscient est le politique - 3

L’autorité

Charles Melman – Nous allons donc, comme d’habitude, déranger quelques idées reçues, ce qui après tout est une activité qui peut avoir quelque intérêt. Et je commencerai par vous rappeler que nous sommes tous, ici, dans cette salle, que nous sommes tous des praticiens de l’autorité, que ce soit l’autorité que nous avons subie ou bien l’autorité que nécessairement nous exerçons sur tel ou tel de notre entourage. Nous n’avons plus le choix.
Vous remarquerez que j’ai dit « l’autorité que nous avons subie ». J’aurais pu dire « l’autorité que nous avons eu le bonheur de rencontrer », mais vous reconnaîtrez que c’est une formulation qui paraîtrait sans doute excessive. Il faut se demander évidemment pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’a priori l’autorité est vécue dans ce registre de ce qui est subi ?

Charles Melman et Dominique Reynié : L'inconscient est le politique -2 (transcription)

Charles Melman – C’est pour nous un privilège de pouvoir écouter ce soir le professeur Reynié qui, entre autres activités, enseigne à l’Ecole des Sciences Politiques, dirige la Fondation pour l’Innovation Politique, qui vient de publier un ouvrage dont le titre semble bien concerner notre actualité, puisqu’il s’appelle Les nouveaux populismes. Et nous avons ainsi, grâce lui, l’occasion d’entendre et de participer aux élaborations les plus récentes, les plus techniques et les plus pertinentes sur la situation politique et les problèmes de la vie politique de façon plus générale.
Je le remercie donc à d’avance de bien vouloir être avec nous ce soir. À vous, si vous le voulez bien.

Grande conférence EPhEP d'Anne Joos : "PMA nous laisse-t-elle sans voix"

Anne Videau : Bonsoir, merci beaucoup de votre présence.
Le Comité Consultatif National d’Ethique (CCME) est présidé depuis janvier 2017 par le Professeur Jean-François Delfraissy, médecin spécialiste en immunologie.
Il ouvre de la manière suivante l’avis qu’il rend le 15 juin dernier concernant la question que nous allons travailler ce soir : « L’Assistance Médicale à la Procréation, AMP, recouvre un ensemble de techniques conçues par le corps médical, puis organisées par le législateur pour répondre à des infertilités qui révèlent des dysfonctionnements de l’organisme. Les demandes sociétales d’accès à l’AMP reposent sur la possibilité d’utilisation de ces techniques à d’autres fins que celles du traitement de l’infertilité liée à une pathologie ».

L'éthique de la psychanalyse selon Freud et après Lacan : Quelle est la loi d'Antigone ?

Patrick Guyomard : Nous vous remercions d’être là pour cette nouvelle séance de ce séminaire que nous faisons en commun, pour nous entendre et puis aussi peut-être discuter un peu. Le titre du séminaire de ce soir c’est : « la loi d’Antigone. » Voilà toujours Antigone, toujours là.
Il y a tout un imaginaire à propos d’Antigone, je vous en donnerai un ou deux exemples tout à l’heure, une espèce de fausse familiarité, qui, sous prétexte que Antigone invoque un certain nombre de lois - enfin « de lois non écrites » - qui bien sûr peuvent s’entendre comme des lois divines mais qui pour les psychanalystes, quand on évoque ce qui n’est pas écrit évidemment peut résonner différemment.
Cette présence et cette invocation d’Antigone, ne doit pas, en tout cas au début, faire oublier, qu’après tout, Antigone peut être considérée comme hors la loi, que comme sans loi, après tout pourquoi pas, que comme faisant elle-même sa propre loi, qui est encore une autre façon de l’entendre. Je dis ça au départ pour que vous ne soyez pas trop pris dans l’évidence de quelque chose de bien connu.

"L'éthique de la psychanalyse selon Freud et après Lacan" - Quelle est la loi d'Antigone ?

EPhEP, Grande conférence, le 30/03/2017

"L'éthique de la psychanalyse" : exposé et discussion avec Patrick Guyomard et Charles Melman

L'éthique de la psychanalyse selon Freud et après Lacan : Le désir de l'analyste

Le thème que nous avions choisi pour cette troisième soirée de ce séminaire sur l’éthique de la psychanalyse, c’est le thème du désir de l’analyste. Il y a plusieurs façons de traiter ce thème. Et en venant ici, je me demandais par quel biais j’allais l’aborder. Finalement, je vais le faire de la façon suivante : au fond, l’expression « désir de l’analyste », est un signifiant de Lacan incontestablement, je dirais presque un signifiant maître de Lacan, à tel point qu’on pourrait l’écrire désir-de-l’analyste, et le prononcer en un seul mot. Il désigne effectivement une fonction que Lacan a fondée et que nous utilisons les uns et les autres, moi le premier, un peu comme une évidence et donc comme une espèce de mot valise, comme quelque chose qui irait de soi.

"L'éthique de la psychanalyse selon Freud et après Lacan" - Dette et culpabilité aujourd'hui

Jean-Daniel Causse : Merci beaucoup de ces paroles d’accueil. Je remercie aussi d’ailleurs évidemment Charles Melman et puis Patrick Guyomard de m’avoir invité à prendre la parole ce soir. Je suis très sensible à ça, très heureux d’être avec vous pour cette rencontre, très heureux du dialogue que nous pourrons avoir sur cette question de la culpabilité et de la dette — dans le cadre de cette série de conférences, puisque ce séminaire porte sur la question de l’éthique de la psychanalyse, qui est un beau programme que vous avez commencé à décliner, et qui va se poursuivre.

Conférence de Fethi Benslama autour de "Un furieux désir de sacrifice, le surmusulman"

« Comment penser le désir sacrificiel qui s’est emparé de tant de jeunes au nom de l’Islam ? Cet essai propose une interprétation dont le centre de gravité est ce que j’appelle le surmusulman. Qu’il revête l’aspect d’une tendance ou qu’il s’incarne, il s’agit d’une figure produite par près d’un siècle d’islamisme. Je l’ai décelée dans ses discours et dans ses prescriptions, mais aussi à partir de mon expérience clinique. La psychanalyse ne consiste pas uniquement à « thérapeutiser » des gens à l’abri d’un cabinet. Son enseignement clinique permet d’explorer les forces individuelles et collectives de l’anticivilisation au cœur de l’homme civilisé et de sa morale.

Pages