Journée ALI Roussillon à Montpellier : Traumatismes

Lieu : 
2 place Prétarque, Montpellier
Date actu: 
02/12/2017 - 09:00

Affiche journée Montpellier

 

Accueil à partir de 8h30 
SALLE PÉTRARQUE
2 Place Pétrarque MONTPELLIER 

Entrée 30 euros  Étudiants 10 euros Membres de L’ALI-LR 15 euros


Matin
Président de séance Bob Salzmann
9h00-12h30

Introduction : Bob Salzmann

Thatyana Pitavy « Formes et structure du traumatisme : une lecture topologique » Discussion

José Morel Cinq-Mars « Une poussette, des pilules, un diplôme et quoi encore ? Le traumatisme au goût du jour » Discussion

PAUSE

Dr. Françoise Caussé-Versaveau « L’expertise des victimes dans les événements collectifs » Discussion


Après-Midi
Présidente de séance Frédérique F. Berger
14h30-17h30

Dr. Renaud Flamein « L’acte chirurgical : une barbarie sur ordonnance ? » Discussion

Claude Rivet « Littérature et traumatisme, exemple du roman de Jonathan Safran Foer, Extrêmement fort et incroyablement près  » Discussion

Charles Melman « Physiologie du langage » Discussion



ARGUMENTS


Thatyana Pitavy : « Formes et Structure du traumatisme : une lecture topologique »  Est-ce que la topologie lacanienne permet d’avancer le débat sur cette question difficile du traumatisme psychique ? Il me semble que oui, que la théorie des nœuds chez Lacan permet de repérer un certain nombre d’invariants structuraux propres à toutes formes de traumatisme, fût-il réel ou sexuel. Après Freud et avec Lacan quid des « névroses traumatiques », des « névroses de guerre » ? C’est à partir de cette notion du troumatisme que je vous propose d’interroger ces questions.  


José Morel Cinq-Mars : « Une poussette, des pilules, un diplôme et quoi encore ? Le traumatisme au goût du jour »  Trente-cinq ans de travail clinique en PMI auprès de populations fragilisées, sept ans de présence au domicile de familles frappées par le décès d’un bébé, quatre ans à naviguer dans un service de neuro-chirurgie auprès de patients ayant subi un traumatisme crânien et quelques expériences récentes dans la réserve sanitaire mobilisée en cas d’attentats terroristes : me croirez-vous si je vous dis que le traumatisme «  ça me fait quelque chose ? » Quelque chose dont je vous dirais bien deux ou trois mots, pourvu que préalablement j’aie retrouvé ma langue d’enfance, celle qui, indocile, préfère les chemins buissonniers aux avenues balisées. 


Dr. Françoise Caussé-Versaveau L’expertise de dommage corporel est devenue un élément central permettant le dédommagement de la victime d’accident ou d’infraction. Dans le cadre des évènements collectifs, comme l’affaire du Costa Concordia, les plaignants sont répartis selon des groupes définis par le magistrat en charge du dossier. Comment l’expert psychiatre mène-t-il son examen et son évaluation pour répondre à la mission qui lui est confiée ? Quel sens pour ce professionnel qui appartient aussi au groupe social qui a eu connaissance de l’évènement traumatique et qui ressent également les nouvelles attentes en matière de victimologie et du tout psychiatriser ? Quelle place pour l’individu dans ces procédures collectives ? Peut-il y avoir rencontre dans ce cadre imposé par le judiciaire, voire même amorce de soins ?


Dr. Renaud Flamein : « L’acte chirurgical : une barbarie sur ordonnance ? » Vingt ans de gestes chirurgicaux… 20 ans de « souffrance imposée » à des patients dans leur intérêt, pour leur « bien ». Nous nous appuyons sur des recommandations scientifiques robustes rédigées par des sociétés savantes qui nous donnent une légitimité, une sorte de permis de « mutilation » en bonne et due forme… un aveuglement en somme. Mais que peut bien ressentir cette victime de la science ? Ce geste inqualifiable leur sera expliqué, justifié et conceptualisé scientifiquement. Il devra créer une adhésion, une confiance, un abandon de ce que l’on a de plus cher : son corps. Cette intimité, il lui faudra la confier, la remettre entre les mains de quelqu’un d’étranger en blanc, garant de la Médecine et lâcher prise… « drôle » d’expérience… d’une barbarie salvatrice sur ordonnance… Face à cette violence corporelle consentie, il est aisé d’identifier en postopératoire des troubles psychologiques dont une forme particulière de stress post-traumatique voire d’authentique décompensation psychiatrique. De quelle manière ces victimes consentantes que l’on appelle très justement patients (« celui qui endure ») nous rapportent leurs expériences de ce traumatisme corporel autorisé ? Quelles messages nous donnent-ils pour : comprendre comment se déroule la cicatrisation de cette blessure psychique, identifier les sujets à risque, les prévenir et, les traiter ? ?


Claude Rivet : « Littérature et traumatisme, exemple du roman de Jonathan Safran Foer, Extrêmement fort et incroyablement près »   Jonathan Safran Foer dont les parents sont des survivants de la Shoa, opère un passage de la transmission par la création d’une fiction sur un versant romanesque, tentative de renouage du trou du Réel que le traumatisme a provoqué dans la chaîne des représentations, savoir en souffrance dans les générations suivantes. Le personnage principal, l’enfant Oskar, est porteur d’un savoir endeuillé auquel il n’a pas accès en raison du mutisme de sa famille allemande survivante des bombardements de 1945 à Dresde. Ce choix narratif de l’auteur nous amène à questionner les effets du traumatisme et de la culpabilité, et les possibilités de réparation et de renouage par l’écriture. Charles Melman : « Physiologie du langage » Le traumatisme, c’est le heurt avec un Réel qui ne vous veut rien, ni votre vie ni votre mort. Il n’a même pas un mot pour se spécifier, donc seulement un bruit : boum.  Le problème de la névrose traumatique est que ce boum fait arrêt sur image et génère une répétition qui arrête l’existence. Comment faire ? Oui, mais le traumatisme de guerre, objecterez-vous, il veut bien votre mort. On essaiera de répondre en faisant valoir que si cette volonté était sensible, il n’est pas certain que les combattants s’engageraient sur le terrain ; la volonté de tuer leur est réservée. Revenons-nous au cas de figure antérieur ?  Ou bien s’agit-il d’une mutation qui révèle la face mortifère du dieu personnel ? Tout ceci est bien à démêler.

 

    

   PARTICIPANTS  


Danielle Bazilier-Richardot, psychanalyste à Pérols, membre de l’Association Lacanienne Internationale (ALI). 

Frédérique F. Berger, psychanalyste à Montferrier sur Lez, docteur en psychologie (HDR), membre de l’Association Lacanienne Internationale  (ALI). 

Dr Françoise Caussé-Versaveau, psychiatre, expert judiciaire, praticien hospitalier, U.S.I.P, Hôpital La Colombière, Montpellier. 

Dr Renaud Flamein, ancien chef de clinique et praticien hospitalier des hôpitaux, agrégé de chirurgie viscérale et digestive